Lundi 20 février 2006
On l'a bien compris, c'est du verlan.
Au fait, es-tu "vénère" ?... un peu "énervé" ? Un spécialiste de la jeunesse disait, non sans humour, pour décrire l'adolescence : "Vous avez semé un enfant, vous récoltez une bombe". C'est vrai pour la plupart ; cette période n'est de tout repos ni pour les parents ni pour les jeunes. Il ajoutait : "Savez-vous si vous abritez un ado sous votre toit ? Connaissez-vous le test de la biscotte ? Alors, prenez une biscotte et mangez-la devant votre enfant.
- Il ne dit rien ? Il n'est pas encore ado.
- Il gronde : "Tu ne peux pas faire moins de bruit, ça m'énerve ?".
Alors, n'en doutez plus, désormais les hostilités sont ouvertes".
Où en es-tu ?
Ceci est un peu caricatural, j'en conviens, mais essaie, avec honnêteté, d'analyser ton comportement. As-tu une irrésistible et excessive envie de repousser, transgresser ou ignorer les limites ? Adoptes-tu volontairement des attitudes provocatrices à l'égard de tout ce qui représente à tes yeux une autorité ? T'enfermes-tu dans ta tanière te murant dans ton silence et te coupant de ton entourage le plus proche ? Te laisses-tu harponner par les marques qui rivalisent de combines séductrices pour t'inciter à acheter, consommer et exiger au-delà de tes moyens ? Formes-tu avec tes amis une tribu à part entière avec ses rites, son langage, son code de conduite, tous ses signes d'appartenance et de reconnaissance que les adultes, non initiés (ce que sont pratiquement tous les parents), ne peuvent que difficilement comprendre ? Oscilles-tu entre la dépression et la surexcitation, la torpeur et la passion, le désir intense d'autonomie et sous la nécessaire dépendance de tes parents ? Ainsi, tu es souvent déstabilisé par tous les changements physiologiques et physiques qui te rendent agressif et irritable. Tu es en proie à un orage intérieur de pulsions qu'il ne t'est pas facile à dominer.
Avoue que tout cela donne bien des sueurs froides à toi et à tes proches.
Une boussole dans la tempête
Surtout ne reste pas replié sur toi-même, mais parle à ce Dieu merveilleux qui te connaît par cœur, qui sait ce que tu ressens et qui n'est nullement indifférent à ta situation. C'est grâce à lui que tu vas trouver ta véritable identité. Tu vis actuellement dans ce qu'on appelle la génération de "la casse" où tout est prétexte pour te dévaloriser, te dire que tu es nul et moche. On te pousse à te sous-estimer, à éprouver des sentiments d'incompétence, à te comparer aux autres d'une manière désavantageuse pour toi, à te sentir démuni face aux exigences et aux difficultés de la vie. Combien de jeunes sont "cassés" pour toutes ces rai- I sons. Ils n'arrivent pas à se "trouver" et sont au bord du suicide. C'est pourquoi, plus que jamais l'Ecriture te dit : "Ne vous coulez pas simplement dans le moule de tout le monde. Ne conformez pas votre vie aux principes qui régissent le siècle présent ; ne copiez pas les modes et les habitudes du jour. Laissez-vous entièrement transformer par le renouvellement de votre mentalité. Adoptez une attitude intérieure différente. Donnez à vos pensées une nouvelle orientation afin de pouvoir discerner ce que Dieu veut de vous. Ainsi, vous serez capables de reconnaître ce qui est bon à ses yeux, ce qui lui plaît et qui conduit à une réelle maturité" (Romains 12/2, transcription Kuen).
Jésus a la capacité de remettre à l'endroit ce qui est à l'envers dans ta façon de vivre, de penser, de réagir et de faire. Sois par lui et en lui une nouvelle créature (2 Corinthiens 5/17). Tu n'as rien à gagner en te creusant des citernes crevassées qui ne retiennent pas l'eau ; Jésus est la véritable source d'eau vive dont tu as besoin (cf. Jérémie 2/13). Le passage délicat de ton adolescence revêtira alors une toute autre dimension. Ne sois plus "vénère", mais trouve en lui le repos et la vraie vie.
Daniel Bodolec

